Les 8 choses à savoir sur les véhicules sans conducteur

Les premiers véhicules sans conducteur arrivent, sous forme d’expérimentations tout d’abord. De quoi s’agit-il ? Qui travaille sur le sujet ? Pour quels publics ? Dans quels buts ? Tour d’horizon en huit questions.

Les véhicules autonomes, ou véhicules sans conducteur, sont-ils un rêve lointain ? Une lubie d’écrivain de science-fiction, pareille à celle de la voiture volante des années soixante-dix ? Détrompez-vous. La technologie progresse vite. Les États doivent déjà adapter leur législation. À La Rochelle, les tests sont en cours depuis 2011. Rennes ouvrira son espace public aux expérimentations en mars, lors de l’événement inOut.

Mais, de quoi parle-t-on ? Lors de la conduite, vos cinq sens perçoivent l’environnement et votre cerveau l’analyse. Un véhicule autonome fait de même… à sa manière. Quatre types de capteurs lui permettent de représenter l’environnement fixe et les mouvements autour du véhicule. Une caméra « lit » les panneaux de signalisation et les lignes fixes. Un radar perçoit les obstacles et les objets en mouvement jusqu’à trois cents mètres. Un sonar le complète plus finement jusqu’à dix mètres. Enfin, un système laser ou lidar – pour « light detection and ranging (1) » –, réalise une cartographie 3D en temps réel.

Ces informations sont centralisées par un « cerveau », qui reproduit l’environnement et anticipe les trajectoires. Ce cerveau transmet des instructions aux moteurs, qui dirigent le volant ou actionnent les freins, par exemple. L’infrastructure des territoires est également appelée à être plus intelligente, plus connectée pour envoyer aux véhicules les informations et consignes nécessaires pour assurer une mobilité sûre et fluide.

Une telle technologie interroge. Sa sécurité est-elle assurée ? Quels en sont les impacts sociaux et environnementaux ? Quels sont les enjeux juridiques ? Des experts se penchent sur ces questions de société qui, en réalité, nous concernent tous.

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1. Le mariage de la filière automobile et des nouvelles technologies

Deux catégories d’acteurs sont en lice avec d’une part, les principaux fabricants automobiles mondiaux et, d’autre part, les entreprises de nouvelles technologies : Tesla, General Motors, Ford (photo ci-dessus), Toyota, BMW, Mercedes, Audi, Renault, PSA-Citroën, Volkswagen, Volvo, Daimler, mais aussi Google et le Chinois Baidu. Apple, qui reste discret, aurait également un projet.

2. Individuelles et collectives : des applications pour tous

Elles vont au-delà de la voiture individuelle : minibus sur des sites d’entreprises, navette à la demande à partir d’un dernier point de transport en commun, lignes fortes de tramway ou bus avec des amplitudes horaires élargies, livraison de colis, etc… L’ensemble des pratiques de mobilité, individuelles ou collectives, seront impactées.

3. La phase expérimentale est lancée

Les expérimentations connues les plus avancées sont celles de Google et Tesla. Le modèle Waymo, l’ancienne « GoogleCar », roule déjà en autonomie et accumule des milliers de kilomètres de test en situation réelle aux États-Unis. Chez Tesla, les véhicules de série sont déjà dotés des équipements d’autonomie totale. Il suffira d’une simple mise à jour logicielle pour les activer le moment venu.

4. En France également

Les navettes autonomes de Keolis/Navya circulent depuis septembre 2016 dans le quartier Confluence de Lyon et depuis juillet 2017 à La Défense (Hauts-de-Seine). De véhicules autonomes parcourent le parking d’un centre commercial à Rambouillet. À La Rochelle, des minibus autonomes ont transporté 15 000 passagers en 2014 et 2015. En juillet 2017, la métropole de Toulouse a expérimenté à Pibrac une navette électrique sans chauffeur. À Sophia Antipolis, trois véhicules ont pu être testés en 2016.

5. Six niveaux d’autonomie

  • Niveau 0 : aucune assistance.
    Le conducteur a un contrôle total sur les principales fonctions du véhicule : trajectoire, accélération, freinage.

  • Niveau 1 : assistance à la conduite.
    Le conducteur reste en charge de la conduite. Seules certaines fonctions sont assistées, par exemple le contrôle de la trajectoire ou la vitesse, via le régulateur.

  • Niveau 2 : automatisation partielle.
    Dans certaines situations simples – bouchons ou parking – le véhicule pilote seul la vitesse et la trajectoire. Si le volant et les pédales sont actionnés, le conducteur doit superviser le fonctionnement.

  • Niveau 3 : automatisation avancée.
    La conduite est déléguée au véhicule dans des conditions complexes mais prédéfinies, sur autoroute par exemple. Quand le système reconnaît ses limites, il demande au conducteur de reprendre le contrôle.

  • Niveau 4 : automatisation forte.
    Le système prend le contrôle intégral du véhicule dans des conditions météorologiques et de visibilité précises. Contrairement au niveau 3, il peut se mettre en position de sécurité sans intervention du conducteur, dont la présence n’est pas obligatoire.

  • Niveau 5 : automatisation totale.
    Le véhicule n’a plus besoin d’aide. Il réagit aussi bien, voire mieux qu’un être humain, en toutes conditions. Ni volant ni pédales ne sont nécessaires.

6. La mobilité pour tous ?

Les publics traditionnellement exclus de la mobilité pourraient accéder au déplacement. Personnes à mobilité réduite, personnes âgées, enfants, habitants des zones périphériques ou rurales peu desservies. L’automatisation, le service à la demande et le partage permettent de répondre à des besoins jusque-là non satisfaits. Même si ces derniers ne constituent pas la motivation première de la filière.

7. La promesse d’un monde plus sûr et plus sain

90% des accidents sont dus à un facteur humain, selon plusieurs études convergentes (2). Le taux d’erreur des systèmes automatisés serait plus de cinquante fois inférieur à celui de l’humain, si l’on en croit Guillaume Duvauchelle, vice-président de l’équipementier Valeo, en charge de l’innovation (3). Et une flotte 100% électrique peut être, à certaines conditions, un levier de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ainsi que des particules fines qui polluent nos villes.

8. Sur nos routes et dans les airs d’ici deux ans environ

Les premières mises en circulation de véhicules sans conducteur (VSC)  ou autonome sont prévues au tournant de 2020. Le développement du parc autonome devrait intervenir entre 2030 et 2035. Leurs promoteurs affirment que les VSC constitueront près de 100 % du parc de véhicules en circulation en 2050. À ce stade, il s’agit davantage d’une vision théorique que d’une prospective rigoureuse. La question de l’adoption massive, ou non, des VSC reste entière.

Cet article a été écrit dans le cadre du Débat citoyen sur les véhicules sans conducteur

(1) Détection et estimation de la distance par laser – (2) http://on.bcg.com/2EpUlMr – (3) http://lemde.fr/2DevprX
DR – Mark Peterson/Redus/Réa – Volkswagen AG
By | février 19th, 2018|Non classifié(e)|Commentaires fermés sur Les 8 choses à savoir sur les véhicules sans conducteur

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