Rencontre avec des acteurs du débat citoyen de Conflans, autour des véhicules sans conducteur

Ce samedi 27 janvier 2018, ils étaient une soixantaine à Conflans Sainte-Honorine (près de Paris) et près de 350 dans toute la France à prendre part à un débat citoyen sur la thématique des véhicules sans conducteur. Pour beaucoup, il s’agissait d’une grande première que ce soit du côté des institutions, des partenaires mais aussi et surtout des citoyens. De tout âge, sexe et catégories socio-professionnelles, venus en voiture ou en transport en commun, ils ont planché toute la journée sur l’univers des véhicules sans chauffeur. Les craintes, peurs, usages, attentes… tout a été balayé autant que possible et débattu pour ouvrir la voie vers ce qui semble être la prochaine révolution sociétale.

Les citoyens

« C’était très intéressant ! Dans les groupes on rencontre des gens qui viennent de différents horizons. Il y en a qui étaient très attachés à leur voiture, pas mal spécialistes des questions de mobilité, de l’aérien, des gens vraiment intéressés par le sujet ou pas et c’était vraiment super cool. Et dans l’idée de « on va super loin dans les réflexions », j’ai trouvé ça très intéressant. On est même parti sur la transformation du travail du coup et ça a mené à des débats plus vastes et c’était super intéressant.

(© Gautier Courquin)

J’étais vraiment attiré par le côté mobilité durable. On voit dans les vidéos projetées entre chaque débat des points de vue qui sont parfois à l’opposé et toutes les préoccupations que le citoyen lambda peut avoir. Tout le monde peut participer, on n’est pas biaisé même si le fait de venir jusqu’ici, y a quand même beaucoup de gens qui sont pour, j’ai l’impression. Il y a tous les freins (dans quelles limites, quelles conditions ?) mais parmi tous les présents j’ai l’impression qu’il y a une tendance quand même. La composante territoriale est très importante pour moi. Beaucoup sont venus avec leur voiture et cela leur permet de réfléchir à de nouvelles façons de se rendre au travail, les loisirs…

L’intérêt des véhicules autonomes se fait dans les zones rurales ou péri-urbaines où les transports publiques sont beaucoup moins rentables alors qu’on ne voit pas du tout l’intérêt des voitures autonomes en plein centre-ville de Paris notamment où les transports publiques sont très performants. » – Raffaele 24 ans et Julie 22 ans

Les partenaires

« EIT Digital a participé à la mise en place du système qui permet d’organiser ce débat au niveau global sur plusieurs sites. Aujourd’hui, concernant la participation citoyenne, ce sont souvent des débats de proximité, de quartier, de budgets participatifs avec une dimension très locale. Avec ce type de débats globaux, on est capable de mobiliser beaucoup de citoyens sur plusieurs villes en même temps, ce qui est une innovation grâce aux Civic Tech. » – Stéphane Péan, en charge de la ligne d’action Ville Intelligente chez EIT Digital

« Le but est de voir quelle est la pensée moyenne des citoyens, leurs inquiétudes, peurs, espoirs, attentes, rêves à propos des véhicules sans conducteur. […] Quand on demande à des experts quand cette technologie sera en place, la réponse est la même depuis 20 ans « ça sera dans 10 ans » mais c’est en train de devenir de plus en plus concret, particulièrement aux Etats-Unis où de nombreuses villes ont des expériences avec des véhicules sans conducteur et où les citoyens peuvent les voir. Ils pensent donc que c’est beaucoup plus proche qu’avant. Il y a cependant beaucoup d’éléments à implémenter avant donc je ne suis pas aussi optimiste que ceux qui développent les technologies car j’ai étudié la technologie dans le passé et en général cela ne se passe pas dans la timeline décrite par les experts.

Elon Musk pense que « Ne pas avoir de véhicule sans chauffeur est criminel car vous n’autorisez pas la technologie à sauver des vies. » Mais on ne pense pas que ce soit le bon phrasé car nous pensons que la technologie doit d’abord davantage se développer avant de pouvoir remplacer ce que les chauffeurs sont capables de faire et encore plus ce que les chauffeurs ne peuvent pas faire. » – Mahmud Farooque, Professeur et Chercheur à l’Arizona State University spécialisé en politiques scientifiques

Les institutions publiques

« L’intérêt de ce genre de débat citoyen est que les politiques que nous allons mettre en œuvre sont forcément des politiques qui vont toucher nos concitoyens et donc avoir un retour de leur part, notamment les problèmes de mobilité, est très important. […] On est en train de dire « comment demain, vivre différemment notre mobilité ? » et cette espèce de révolution que l’on entraine chez nos concitoyens est vraiment une très bonne chose. Parce que derrière il y aura des moyens qui seront affectés sur ces choses-là qui seront valorisées par une acceptation de nos concitoyens sur tous les projets que l’on portera maintenant. » – Philippe Tautou (Les Républicains), Président de la communauté urbaine GPS&O

« Le ministère a besoin pour définir ses politiques de prendre la température de ce que pensent les gens, de ce qu’ils souhaitent. Nous élaborons la loi et notamment ces temps-ci, on travaille sur la loi d’orientation sur les mobilités et comment dans ce cadre-là on peut mieux prendre en compte les besoins des citoyens. Cela va nous permettre de faire remonter des discours qui ne sont pas ceux des industriels, pas ceux des opérateurs d’infrastructures, pas ceux de ceux qui portent les politiques d’infrastructures publiques. Mais les discours des gens qui vont utiliser les systèmes qui vont être mis en place. » – Arantxa JULIEN, Chargée de mission au Ministère de l’Ecologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement

« La mairie, le département, la région : ce sont des accélérateurs. Ils doivent permettre justement de nous emparer des réflexions des citoyens menées dans le cadre de débats pour justement nous-même faire preuve d’inventivité, subventionner pourquoi pas la recherche et assister des entreprises qui sont sur notre territoire. […] L’idée c’est aussi à l’avenir de travailler main dans la main avec ces entreprises pour qu’on puisse réinventer les mobilités de demain. » – Laurent Brousse, Maire (Les Républicains) de Conflans-Sainte-Honorine.

Laurent Brousse, Maire de Conflan Ste-Honorine (LR) (© Rebecca Cosquéric)

Ainsi donc on s’aperçoit que ce débat entièrement réalisé avec des citoyens a un impact à différentes échelles sur de nombreux acteurs privés comme publiques.

By | janvier 31st, 2018|Non classifié(e)|Commentaires fermés sur Rencontre avec des acteurs du débat citoyen de Conflans, autour des véhicules sans conducteur

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